UNE HISTOIRE BIENTOT CENTENAIRE

Une institution culturelle et solidaire depuis 1928

 

Bâti au cœur d'un terroir où le patrimoine est particulièrement riche et les coutumes ancestrales encore vivaces, soutenu par une population qui, par des dons continuels, veut manifester son désir de conserver le patrimoine populaire, le Musée Provençal continue l'oeuvre de son fondateur, Jean-Baptiste Julien-Pignol (1872-1970) et à travers lui celle du "Maître de Maillane", Frédéric Mistral. 

En 1906, ce dernier inaugurait le Museon Arlaten à Arles, premier Musée des Arts et traditions populaires (ATP) de France. Il y consacra sa vie ainsi que le montant du Prix Nobel qu'il obtînt en 1905, ayant compris l'urgence de sauver ce qui pouvait encore l'être du patrimoine culturel de la Provence traditionnelle.

La Provence tout entière, sentait confusément ce que Mistral et les Félibres avaient perçu avec lucidité et participa avec enthousiasme à cette inauguration. C'est dans ces sentiments et devant des délégations venues de toute la Provence et des pays d'Oc, que Mistral y lança un appel :

 

"Faudrié que dins chasco vilo, dins chasque vilage,

i'aguèsse un mounumen pèr recata li souveni dou passat".

 

Cet appel de Mistral fut pour Jean-Baptiste Julien-Pignol, une sorte de révélation. Il pensa : "Mistral va dis, va fau faire" et décida, dans son village natal de Château-Gombert, de se consacrer à ce qui devait être la plus grande oeuvre de sa vie. Il commença un travail de patience qui allait trente ans plus tard aboutir à la création, d'une Escolo Felibrenco : lou Roudelet Felibren des Castèu-Goumbert en 1927. A ces activités culturelles s'ajoutait la fondation d'une maison de repos pour personnes âgées, reflétant les préoccupations sociales de Jean-Baptiste Julien-Pignol qui souhaitait conjuguer patrimoine, culture et solidarité. 

 

Le Musée fut inauguré le 25 juin 1928 sous le nom de Muséon d'Art Prouvençau devenu depuis le Musée des Arts et Traditions Populaires du Terroir Marseillais.

A sa création, le musée ne comportait initialement qu'une seule salle : la cuisine provençale, conçue comme un foyer de culture populaire où les mainteneurs pouvaient se réunir comme autrefois à la veillée, échangeant leurs souvenirs et ravivant les usages anciens dans la langue de leurs pères. Près d'un siècle plus tard, les collections réunissent désormais des milliers d'objets répartis dans huit salles : la cuisine provençale, la chambre bourgeoise, la salle-à-manger, la salle Renaissance, la salle des santons, celle consacrée aux jouets et celle destinée à la présentation des costumes et trésors textiles voisinent avec une bibliothèque ancienne riche de plusieurs dizaines de milliers de volumes. 

"Une veillée familiale en Provence au XIXe siècle", bande annonce, Musée Provençal, 1991

2020, Musée Provençal de Château-Gombert, Marseille. Tous droits réservés